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LEGEND OF SUCCES JOE /Ashita no Joe Densetsu あしたのジョー伝説
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Année
de sortie : 1991
Genre : Beat
Développeur : Wave
Système : NeoGeo MVS, AES
Testeur : Hebus
Testé le 19 octobre 2005

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Yoda le disait bien à Luke Skywalker pendant son entraînement : "Des adaptations en jeux jamais tu ne joueras, car du côté obscur du soft tu éviteras". Il faut reconnaitre qu'entre les Harry Potter, jeux marvel sortis à la va-vite juste avant le film ou le "Street Fighter le jeu du film du jeu" , les exploitations de licence n'ont pas toujours eu une issue des plus heureuses. En 1991, sur la mythique console Neo.Geo, une obscure société du nom de "Wave" s'est elle aussi essayée à ce genre d'exercice avec "Legend of Success Joe" (Ashita No Joe Densetsu). Le résultat était-il cette fois convenable ?
Adaptation de quoi ?
Pour information, "Legend of Success Joe" se veut l'adaptation d'un manga paru dans les années 70 dans "shonen magazine" sous le nom de Ashita no Joe" et créé par Tetsuya Chiba et Asao Takamori. UNe version animée existe aussi, réalisée par Osamu Desaki, qui ne vous sera probablement pas complètement inconnu ("Rémi san famille", c'était lui). Pour ceux que ça intéresserait, la deuxième saison est même disponible en DVD chez Kaze. Il paraitrait que ce serait loin d'être mauvais, particulièrement sombre et réaliste, selon les amateurs.
 Joe dans ses oeuvres
"Legend of Success Joe", donc, se veut l'adaptation de cela. Niveau scénario, le schéma est reproduit assez fidèlement : Joe Yabuki, un petit voyou des rues, est repéré par un ancien entraîneur de boxe qui voit en lui un champion en puissance dont il veut prendre le destin en main. Un scénario classique à la "Rocky", donc, qui convient parfaitement à un jeu de boxe.
La séquence d'intro, pas follement originale (on voit le père Joe courir sur fond de soleil levant) pourrait rester correcte vu la relative fidélité des dessins par rapport à l'animé en apparence, mais il y a déjà quelque chose qui cloche : la musique...Vous en cauchemardiez, Wave l'a fait : du mono-instrumental électronique bas de gamme bien nasillard tel qu'on pouvait en entendre pendant les premières heures de la nes ou de la master system, sur la console de snk, fallait l'oser quand même ! Le tout superbement conclu par un écran titre on ne peut plus basique et plutôt moche, ça ne donnerait pas des masses envie d'appuyer sur le bouton start, même à l'époque. Allez, un peu de courage, il faut y aller et faire ce test (m'y reprendrez à faire le malin sur le forum tiens !)...
 Une séquence d'intro à priori correcte
Chronique d'une mort annoncée
L'heure est maintenant venue à la présentation des commandes. Celles-ci ne devraient pas prêter à scandale sur le papier. Deux boutons sont utilisés : le A pour donner des coups, le B pour la garde, la combinaison A+B donnant des coups plus lents mais plus puissants. Plus un panel de mouvements à effectuer du stick pour varier la position de sa garde d'une part, la puissance et la zone visée par le coup d'autre part. Par exemple, un avant +A donnera un crochet, un avant et A+B donnera un crochet plus lent mais plus puissant, haut+haut-avant et A donnera un uppercut etc etc...
Mais une fois le jeu réellement entamé, on commence tout de suite à comprendre ce qu'il en est réellement et à perdre toute once d'illusion. Faits d'une jouablilité exécrable, les fameux coups de poing de notre boxeur sortent n'importe comment quelle que soit la manipulation effectuée (et ne pensons même pas à d'éventuels enchaînements, vous auriez plus vite fait de gagner à la loterie nationale !). Comme si cela ne suffisait pas, l'équipe des programmeurs nous offre les services d'une gestion des collisions obéissant à sa propre logique. Tantôt, vous n'atteindrez pas le visage de votre adversaire que celui-ci semblera s'être mangé un pain invisible, tantôt au contraire vous frapperez en plein dans le mille sans que celui-ci ne ressente l'effet de la plus petite caresse (plus fort que Hulk Hogan après son second souffle !). Progresser dans le jeu devient donc un véritable travail d'Hercule et, à partir d'un certain niveau, même complètement impossible à moins d'être atteint de grâce divine ou d'être suffisamment masochiste pour persévérer malgré l'échec.
 Maurice Chevalier a sombré dans l'alcool: c'est moche
Persévérer dans quoi au juste ? Si "Legend of Success Joe" est à la base un jeu de boxe, dans les faits on alternera entre les phases de boxe dite pure, et d'autres séquences plus "Beat them All". Ou du moins aspirant à y ressembler car dans les faits ca ne ressemble tout bonnement à rien : à l'exception d'un ou deux gras du bide un poil plus résistants, l'ensemble des "sidekicks" se couchera d'un seul coup de poing, parfois par paquets de 3 ou 4 d'où jolie situation de comique involontaire. Le boss lui étant un poil plus résistant (et utilisant des techniques qui n'ont rien de la boxe comme le saut chassé ou la descente du coude). Quand aux match de boxe, avec des matchs qui se disputent uniquement aux poings, en un seul round, jusqu'à ce que l'adversaire soit couché et sans décompte de 10 de l'arbitre, faudrait vraiment avoir envie de ranger ça au niveau du "noble art".
 Ce Joe, il a une belle tête de vainqueur !
Et les graphismes dans tout ça ?
Pour les éventuels cas d'espèce que les lignes précédentes n'auraient pas rebuté, un mot ou deux quand au travail apporté à ce jeu, qui (je vous rassure !) est à l'image du reste. En dépit du très large choix de couleurs et de possibilités offert par le support, les programmeurs nous gratifient de graphismes datant définitivement d'un autre âge, aux textures criardes et aux décors en un seul plan, dans lequel "vivent" des personnages à la vitalité et au charisme du niveau de la vache normande regardant défiler les TGV depuis son pré carré bien gras. Quand au ring, toujours identique, il est totalement dépourvu de décor de fond. Les screenshots sont-ils suffisamment éloquents ? C'est que vous ne voyez pas tout ce petit monde bouger. Raides comme des piquets (ce n'est même plus un parapluie qu'ils ont dans le rectum, c'est une antenne satellite du réseau echelon !), ils se déplacent sans aucune animation sauf les jambes qui ne font qu'alterner entre deux positions fixes et tombent dans la même position qu'ils étaient debout (l'expression faciale exceptée, mais bon...). Quand on connait les moyens qu'offre le support, cela relève du pur et simple foutage de gueule comme du reste tous les autres aspects, faisant clairement comprendre que le soft a été réalisé par dessous la jambe. Un vrai cas d'école dont le seul espoir de vente devait sans doute résider en la licence dont il est tiré.
 N'y a-t-il donc qu'un seul ring dans tout le japon (voire monde entier ?)
Conclusion
On pensait qu'on était proche du gouffre avec Fight fever, sorti en 1994 ? Trois ans auparavant, on avait carrément touché le fond : une réalisation digne d'une console 8 bits sur un support qui pourtant offrait bien plus de possibilités, une jouabilité exécrable achevant de dégouter le joueur le moins exigeant, voici sans doute le jeu le plus mauvais de la Neo.Geo. Si la catégorie "nanar" existait dans le domaine vidéoludique pour la console de SNK, "Legend of Success Joe" en serait certainement le "White Fire" ou le "Turkish Star Wars". Mais à moins que vous soyez un masochiste avide de souffrances par le biais de votre loisir préféré ou que vous ayez 200 dollars à perdre (prix du jeu en version cartouche !), fuyez ce titre comme la peste. Et si vraiment l'univers de Joe Yabuki vous intéresse, le DVD de la saison 2 édité par Kaze et disponible au prix de 9€50 sera très certainement une bien meilleure affaire.
Testeur: Hebus Mise en page: WoVou
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