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Metal Slug 4

METAL SLUG 4
Année de sortie : 2002
Genre : Shoot/Action
Développeur : Mega Enterprise & Noise Factory
Système : NeoGeo MVS, AES
Testeur : Wovou
Testé en février 2007
Metal Slug 4 sort durant la période noire de SNK, une période de transition pour la société qui vient de faire faillite, mais qui réapparaît sous le nom de Playmore. Ce n'est donc pas SNK qui développe ce quatrième opus, mais deux sociétés jusque là quasi-inconnues : la société sud-coréenne Mega Enterprise (qui a obtenu les droits pour développer une suite de Metal Slug qui est une licence qui marche très bien en Corée) qui s'occupe du character design, des décors et de la distribution du jeu, et la société japonaise Noise Factory (composée d'anciens développeurs de la société Atlus) qui le développe et qui fait le gros du travail. On ne retrouve donc plus aucun développeur ayant travaillé sur les anciens Metal Slug ; Que ce soit Meeher, Akio, Cannon, Tomo.. Plus aucun développeur habituel de la saga, qui venaient à l'origine de la société Nazca, n'est présent sur ce nouveau Metal Slug.
Voyons voir comment cette toute nouvelle équipe s'en sort dans le développement d'un nouvel opus d'une saga légendaire.


Fini les extraterrestres et les attaques surnaturelles de plantes mutantes, le scénario repose cette fois-ci sur une histoire plus réaliste.
Metal Slug 4 décrit un nouvel affrontement avec l'armée rebelle du Général Morden sur fond de cyber-terrorisme. Une organisation appelée "Amadeus", dans laquelle figure évidemment Morden, est capable de contrôler les systèmes informatiques militaires via un virus. Alors que la guerre a déjà commencée, un commando est mis sur pied pour localiser et détruire les installations de "Amadeus".



Marco, c'est pas beau

Le scénario a un réel impact sur le look général du jeu. On ne commence ni dans les ruines cambodgienne, ni dans le désert ni sur une plage de sable fin comme dans les anciens opus, mais sur une route goudronnée dans un environnement urbain, gris et terne. C'est moche. Une histoire de goût me direz-vous, mais que nenni ! Les décors sont d'une tristesse affligeante, avec quelques ombres de building au loin qui se ressemblent tous et qui se succèdent dans une monotonie la plus totale. Quelle différence avec les décors des stages des anciens slug tous plus riches les uns que les autres. Il y'avait du relief dans le level design, de vrais bonnes idées dans la construction des niveaux et des décors vraiment magnifiques pour la plupart, mais dans Metal Slug 4 c'est plat, gris et monotone, sans imagination, plus proche de Cyber Lip sortit en 1990 que de Metal Slug premier du nom (qui est plus beau que Metal Slug 4 mais pourtant sortit huit ans avant.)

Heureusement quelques rares bonnes idées dans le level design viennent tout de même sauver un peu ce constat très négatif à propos des décors : des voitures à ne pas détruire dans le premier stage pour pouvoir récuperer des armes en hauteur, une course en moto sympathique dans ce même premier stage, le passage suspendus à un corde au dernier niveau, la possibilité de se transformer en sing dans le dernier niveau, des boss plutot pas mal et un clin d'œil bien placé au film Terminator à la toute fin du jeu. On retrouve aussi des chemins alternatifs cachés, une idée instaurée par Metal Slug 3 reprise dans cet opus. Mais le nombre de chemin alternatif est très inférieur à l'opus 3 : on en compte un dans chaque niveau à l'exception des stages 2 et 6 ou il n'y en a aucun (il ne faut pas trop en demander tout de même !).

Un autre bon point: la musique qui est très réussie, avec des mélodies assez différentes des anciens opus mais vraiment agréables et entraînantes et rythmées. La musique du stage 2 par exemple, quoi qu’un peu répétitive, est superbe, tout comme la zik' du stage 3 au style électro. A noter que c’est le très doué studio Aqua qui a composé les musiques du jeu et non pas Mega qui a sous traité cette partie ô combien importante.



C'est la guerre colonel !

Au rayon des nouveautés, un tout nouveau flingue : Dual machine gun, un flingue très sympa à jouer, deux fois plus rapide que le machine gun qu'on récolte dès les premieres minutes du jeu. Cette arme est le point le plus positif de ce Metal Slug 4.
On retrouve des armes d'anciens Metal Slug : le couteau et flingue de base, le machine gun, drop shot, iron lizard, lance-flammes, le fameux shootgun, les bombes inflammables, le lance roquettes, l'ennemi chaser, etc.. En revanche quelques armes ne sont pas présente donc le laser, mais qui était une arme extraterrestre donc qui n'avait logiquement rien à faire ici.

Le mélange « humour/science-fiction/surnaturel » des anciens opus se volatilise, Metal Slug 4 est un Metal Slug à l’ambiance très militaire, avec des soldats qui pullulent, des tanks et de grosses machines. Après tout, pourquoi pas, c’était un peu le concept de base de Metal Slug, les éléments surnaturels se sont rajoutés dans 2, le X et le 3.. Une sorte de retour brut aux bases de la saga. Mais les développeurs oublient un autre élément essentiel qui composait Metal Slug premier du nom : l’humour omniprésent, tout en second degré.. Metal Slug 4, lui, se prend peut-être trop au sérieux, ça manque quelque peu de fantaisie et c’est dommage. Les anciens Metal Slug sont des parodies de jeu de guerre. Metal Slug 4 est un jeu de guerre.

Bref, le trip militaire du jeu, après tout pourquoi pas.. Mais alors pourquoi dans ce cas avoir gardé les indigènes porteurs de munitions qui n’ont plus rien à faire dans cet environnement guerrier ? La flemme de créer un nouveau sprite plus homogène avec l’environnement du jeu qui n’a plus rien à voir avec la jungle ?
Mais la grosse surprise arrive à partir du stage 4 ou apparaissent.. les momies et les zombies des Metal Slug 2, 3 et X ! Diantre ! Que viennent-ils donc faire dans le scénario du jeu ? On se le demande encore…La réponse est pourtant simple : des sprites et des bonnes idées déjà créées, les développeurs ne pouvaient pas ne pas les reprendre tel quel dans le jeu, même si ça n’a absolument pas sa place dans le scénario. Hop, on copie et on colle les momies et les zombies des anciens Metal Slug dans un stage un peu lointain et ça fait un niveau.



Tarma, rechauffe-moi tout ça

Et on arrive au GROS point noir du jeu : dans Metal Slug 4 quasiment TOUT est recyclé : les sprites, les éléments du décor… Incroyable, l’équipe de développement –entièrement nouvelle, on le rappelle- n’a quasiment rien créé de nouveau et s’est contenté de re-utiliser tous les sprites et décors qui ont été créé auparavant pour les anciens Metal Slug ! On retrouve donc par exemple les boutiques du stage 4 de Metal Slug 1 dans le niveau 1 du jeu, la neige du stage 2 de Metal Slug 1 dans le stage 3, des décors de Metal Slug 2, etc...
Cette repompe quasi-totale des anciens éléments des Metal Slug nous renvoit à un sentiment étrange, celui de jouer à un jeu fait un peu « à l’arrache », à la va-vite…Une espèce de gros copié/collé du travail de Nazca et de SNK par une équipe étrangère.

Ici TOUS les éléments sont pompés de Metal Slug 1 et 2: le boss, les décors, la plate-forme.. TOUT !!


Conclusion

Noise Factory et Mega Enterprise n’ont pas le talent de Nazca et de SNK. Ils n'avaient aussi peut-être pas le même budget qu'SNK. Metal Slug 4 est donc –de loin- l’opus le moins bon de la série. Après un Metal Slug 3 exceptionnel et visuellement somptueux, le choc est donc plutôt rude, et la déception bien grande.
Malgré tout, le jeu n’est pas désagréable et si l’on met de coté le fait qu’il soit bien inférieur aux anciens Metal Slug, ce Metal Slug 4 et son atmosphère militaire se révèle assez plaisant à jouer pour peu que l’on veuille y consacrer un peu de temps.
Finalement la conclusion est simple : si vous n’avez jamais joué à un Metal Slug, oubliez ce Metal Slug 4 et jouez en priorité à un autre opus de la saga. En revanche si vous avez déjà terminé un Metal Slug en un crédit, ce Metal Slug 4 va constituer un défi de taille qui va très probablement vous plaire malgré ses nombreux défauts.

Testeur: Wovou
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