Fatal Fury / Garou Densetsu

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Année de sortie : 1991
Genre : Baston
Développeur : SNK
Système : NeoGeo MVS, AES, CD
Testeur : Omega Kyo
Testé le 28 Juillet 2004

Nous sommes en 1991. Street Fighters II règne en maître dans les salles obscures. C’est alors que sort sur le système MVS le premier volet de son premier sérieux concurrent : Fatal Fury « The King of Fighters ». Il représentera la première pierre angulaire de la révolution SNK.
Let’s go & see.


Histoire du jeu

South Town, ville où règnent drogue, prostitution et paris illégaux. Les meurtres étaient devenus monnaie courante.
Chaque année, les meilleurs combattants du monde y viennent pour participer au tournoi « King of the Fighters ».
Vu de l’extérieur, c’est un festival d’arts martiaux mais en réalité, GEESE HOWARD, l’homme qui règne sur South Town, s’en sert pour recruter des tueurs…
Une dizaine d’année auparavant, JEFF BOGARD, le combattant N°1 de cette époque fut brutalement attaqué et tué par GEESE HOWARD ….
La police complètement impuissante, n’a pu faire autrement que classer le meurtre de JEFF BOGARD sans suite…
Une dizaine d’année plus tard, 2 jeunes combattants, TERRY et ANDY BOGARD, apparurent sur le devant de la scène. Les années d’entraînement et de douleur suite à la perte de leur père les motivèrent pour montrer leur « FATAL FURY » à GEESE….

Système de jeu

Le jeu nous propose de prendre les commandes de seulement 3 combattants (ce qui fut sa principale critique à sa sortie…) :
TERRY BOGARD : première apparition de ce personnage culte SNK, après un entraînement intensif pour magnifier son style de combat de rue, il revient pour se venger de son ennemi juré, GEESE. Pour cela, il est armé de son « Burning Knuckle », son « Rising Uppercut », son« Super Shot » et son cultissime « Power Wave »…
ANDY BOGARD, plus jeune et plus petit que son frère Terry, il pensait que c’était une raison suffisante pour devoir s’entraîner 2 fois plus pour pouvoir le battre. Après une défaite contre un maître japonais tout petit, il devint son disciple et appris le style Koppou. Maintenant il est prêt à venger son père et à combattre son frère pour y arriver et ainsi devenir le King of Fighters…Ses coups spéciaux sont : le « Spinnig Uppercut », « the Flying Guillotine », « Power Punch » et « The Fire of Zen »…
JOE HIGASHI : D’origine japonaise, il a passé son enfance à sillonner la Thaïlande pour y apprendre le Muai thaï. Sa vitesse et précision hors du commun lui ont permis de devenir un jeune champion de boxe thaï mais il décida se s’inscrire dans le tournoi du King of Fighters pour devenir le meilleur…
Pour cela, il est armé de son dévastateur « Thrash Kick », de son fameux « Machine gun Punch », son surpuissant « Tiger Kick » et de son « Hurricane Uppercut »…

En face d’eux : 7 combattants tous plus puissants les uns que les autres :
Particularité des « Fatal Fury », on peut choisir son combattant de départ parmi quatre :
– TUNG FU RUE : l’expert en boxe chinoise avec sa capacité à se transformer en monstre de muscle et de puissance en cours de match…
– RICHARD MEYER, barman et propriétaire du Pao Pao café, c’est un des grands maître de la capoiera…style brésilien de combat privilégiant le jeu de jambe.
– MICHAEL MAX, clone de Mike Tyson, armé de son Tornado uppercut.
– DUCK KING avec son style de combat hyper rythmé propre à lui.

S’en suit :
– HWA JAI : principal challenger de Joe dans le style du Muai Thaï…
– RAIDEN : le gigantesque catcheur avec son haleine empoisonnée.
– le champion en titre actuel et garde du corps attitré de GEESE: BILLY KANE, armé de son bâton…
Après avoir vaincu le champion, des hommes de mains vous amèneront face à ce monstre de puissance et de charisme qu’est GESSE HOWARD avec son aïkido surpuissant et son dévastateur « Reppu Ken »…

L’ « avantage » des trois persos jouables est le côté exceptionnel des adversaires …
Par exemple TUNG FUE RUE se transforme en hommage à Tortue génial de Dragon Ball… HWA JAI, au cours du combat, s’alcoolise et devient surexcité avec son « tiger kick » surpuissant,
Michael max possède déjà un dash arrière pour esquiver ainsi qu’une provocation….
Billy Kane après avoir lancer son bâton, se cache derrière ses avant bras apeurés…
Enfin, le monstrueux RAIDEN, le plus gros sprite dans un jeu de combat avant l’arrivé d’Art of fighting…
Un réel régal d’affronter ces monstres…

Passons aux maniements des persos :
3 boutons servent :
Le A pour les coups de poings.
Le B pour les coups de pieds.
Le C pour la choppe.
Il n’y a pas de subtilité à faire avec les boutons pour changer la puissance des coups.
Il faudra jouer sur la distance. Par exemple, on peut enchaîner un enchaînement de trois coups à partir du corps à corps avec les coups de poings. Très proche, l’adversaire reçoit un coup de coude qui casse un peu la distance puis le second coup est un poing moyen pour enfin finir sur un poing fort ou un uppercut qui aura la particularité d’envoyer l’adversaire dans le second plan…
Ben oui, il y a un second plan…aucune possibilité pour nous de passer spontanément dans le second plan. Seul l’adversaire peut passer d’un plan à un autre sans problème. Par contre, quand il se trouve dans le second plan, en appuyant sur un bouton d’attaque, on part le rejoindre en attaquant.
Il est évidemment possible de combattre dans le second plan contrairement au RB2.

Autre subtilité de ce jeu : le mode 2 joueurs. Quand le second joueur vous rejoint, on se retrouve dans un match à deux contre 1 : les deux joueurs humains s’associent pour battre l’ordinateur qui pour l’occasion s’offre une palette de coups légèrement plus large lui permettant de se défendre même encercler…
Une fois battu, le duel commence….Seul GEESE échappe à cette règle. On ne peut le combattre à 2…
Pour finir, tous les 2 combats, un bras de fer vous est proposé à titre de bonus…vive le martelage de boutons^^

Les graphismes

Le choix de SNK de l’époque est de proposer des tons de couleurs beaucoup plus agressifs pour se démarquer des couleurs « pastelles » de SF2.
Les couleurs flashent et les contrastes sont légions pour donner plus de pêche à l’ensemble.
SNK a aussi eu la bonne idée d’instaurer dans son jeu une notion de changement d’heure ou de climat selon les rounds. Le premier commence en plein jour puis l’aube et enfin la nuit…Lla pluie s’installe au cours du match. L’ambiance ne s’en trouve qu’enrichie.
Pour les persos, le trait est assez grossier mais déjà remarquablement maîtriser.
JOE HIGASHI est vraiment très bien dessiné et ne ressemble pas au thaïlandais sous alimenté de FF2.
RAIDEN est monstrueusement imposant et TERRY commence déjà à avoir la « classe »…
Les sprites des combattants n’ont pas trop vieilli. Par contre les persos du public sont eux vraiment grossiers et se retrouvent souvent de match en match….
Les décors, agrémentés des changements climatiques ou d’horaires selon les rounds sont toujours très agréable de nos jours et sont très diversifiés malgré que tout le jeu se passe dans la même ville.
On a ainsi droit à la plage, le temple chinois, le parc d’attraction, la banlieue sud, le quartier chic type vieille ville….assez pour nous dépayser dans le premier plan, le second nous ramenant discrètement dans la réalité de la ville. Très bon déjà…

L’animation

Les sprites bougent bien. Ils sont très rapides dans leurs attaques. Le jeu en ressort avec une sensation de violence qui arrivera à son paroxysme dans « Art of fighting ».
De plus, de petites animations rendent le jeu des plus agréables si on s’y attarde :
Les persos au corps à corps, selon la distance, esquive le coup en penchant leur tronc en arrière. La transformation de TUNG FU RUE ainsi la pluie de son niveau e même si on peut lui reprocher de n’intervenir que dans les 2 premiers plans…Le petit mouvement de prière quasi imperceptible d’ANDY avant son « Spinning Uppercut », la provoque de MICHAEL MAX, la monstruosité du sprite de RAIDEN par sa taille, HWA JAI qui se met à boire en plein match avant devenir ivre de colère… Que du bonheur.

Les coups spéciaux sont, eux, très réussis avec une grande sensation de puissance comme le « Thrash kick » de JOE qui, après le premier impact dans la garde de RAIDEN, continue dans son élan après un rebond …La grande classe.
Le jeu se déroule lui sur un scrolling sur 2 plans avec un effets de profondeur sur le premier permettant aux combattants de passer de l’un à l’autre, le tout agrémenté d’un petit effet de zoom sur les sprites …

Le son

Les bruitages sont toujours de très grande qualité et accompagnent parfaitement la violence des actions. Entendre TERRY crier son «Hayaku » ou encore son cultissime « POWER WAVE », la détonation du « Thrash kick » de JOE, fait vraiment plaisir.
Les bruitages des décors ne sont pas en reste, avec le bruit de la pluie, du train ou encore de la mer…. Tout est fait pour que l’ambiance sonore soit magnifique.
Seul petit ratage, le rire de fin de chaque adversaire est toujours le même…mais bon, le reste est tellement génial.
Pour finir, comment ne pas parler des musiques qui sont tout simplement fabuleuses dont certaines mélodies sont devenues cultes comme celle de GEESE, de RAIDEN ou celle chantée du Pao Pao Café qui était exceptionnelle pour l’époque. « Merveilleux » !!!

La jouabilité

Les coups sortent vraiment avec difficulté sans raccourci d’attaque : il faut vraiment faire son quart de tour avant ou arrière pour sinon, rien…
En gros, une jouabilité aux petits oignons qui, une fois maîtrisée, montre tout son potentiel.
Magnifique de rigueur.
A noter que les versions européennes et Us de ce jeu propose des manips, pour certaines attaques, différentes de la version jap probablement pour se rapprocher de la jouabilité d’un Street Fighters II.

La durée de vie

Certainement le point faible de ce magnifique jeu par la présence seulement de 3 persos sélectionnables.
En dépit du charisme des trois combattants et de la magnificence des adversaires, ça fait très « cheap » de nos jours et même à l’époque. Il n’empêche que le challenge est vraiment très agréable et que ce voyage à travers South Town est toujours un pur régal de part son ambiance musicale magnifique et de la diversité des adversaires.

Au total

Un jeu magnifique qui pêche par sa durée de vie à cause de ses 3 persos sélectionnables, sa maniabilité délicate et stricte. Il trace néanmoins les grandes lignes de la future révolution SNK, c’est-à-dire, violence, jouabilité aux petits oignons, une ambiance sonore magique et des personnages au charisme irréprochable.
Un pure classique SNK qui marquera le départ de 2 grandes sagas : les Fatal Fury bien sûr mais aussi les KING OF FIGHTERS.
A redécouvrir pour comprendre les racines de ces sagas mythiques.


Omega Kyo

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