Progear / Progear No Arashi

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Année de sortie : 2001
Genre : Shoot’em up
Développeur : Cave, Capcom
Système : CPS2
Testeur : Wovou
Testé le 12 Aout 2004

Cave est au shoot’em up ce que la techno hardcore est à la musique: du concentré d’adrenaline et de bourrinage. Alors quand le maître du shoot bourrin s’associe à Capcom, l’un des piliers du jeu d’arcade lui non plus pas vraiment réputé pour sortir des shoots très finauds, le résultat est forcément explosif.

Non, Cave n’a pas inventé le « manic shoot », ce dérivé moderne du shoot’em up ou tout est misé sur le réflexe dans un grand amas de boulettes à slalomer. Néanmoins quand on parle de manic shoot, le nom de Cave vient tout de suite à l’esprit. Esp Rade, les DonPaChi, Guwange, Dangun Feveron, ou encore les récents Esp Galuda, Ketsui, Mushihime, force est de constater que cette société japonaise à un lourd passif dans le shoot’em up dopé à la testostérone. Et Progear No Arashi ne déroge pas à la règle, c’est du manic bourrin, du très bourrin, un shoot d’homme qui va en faire suer plus d’un. Allergique au jeu Cave ? Passez donc votre chemin, ce jeu n’est pas pour vous. En revanche les amoureux de la série DonPachi (dont je fait partie) vont vraiment se régaler !

Passons rapidement sur l’histoire du jeu sans grande importance dans ce style de jeu mais qui a le mérite d’exister, et insérons sans attendre une petite pièce dans la borne.

Mais..mais…c’est DODONPACHI en horizontal !!!

C’est ce qui vient à l’esprit lors de la première partie, la filiation avec Dodonpachi est évidente: gameplay plus ou moins proche, vaisseau qui se déplace à la même vitesse, rafales de balles similaires.. Sauf que Progear scrolle à l’horizontal au lieu d’être un shoot vertical. En effet Progear est le tout premier et le seul shoot’em up CAVE à scrolling horizontal, avec un gameplay dans la même veine que tous les autres manic de Cave. Mais en approfondissant le jeu un poil, on s’aperçoit rapidement que le système du jeu est bien plus riche que ces derniers.
Vous avez le choix entre 2 personnages: « Gambler Pilot » à bord d’un avion de type Sopwith Camel, ou « Militant » à bord du triplan Fokker DRI, des avions qui datent tout deux d’avant 1920.
Puis l’écran d’après il vous faudra choisir entre 3 co-équipiers, en fait 3 modules différents, dont un des 3 viendra se greffer sur votre avion, les 3 modules ayant 3 types de tirs différents c’est à vous de décider lequel choisir. En appuyant sur A vous déclencherez donc le tir de votre avion mais aussi le tir de votre module.
Bouton A pour tirer et bouton B pour lancer une mega bombe. Si vous laissez appuyer sur A, votre module lockera automatiquement la cible la plus proche pendant que votre avion continuera à tirer droit devant lui, mais en laissant appuyer sur A votre avion ira 2 fois moins vite (un peu comme dans dodonpachi pour le « tir concentré »). Voila donc tout l’intérêt de ce module, pouvoir locker et tirer sur des ennemis qui sont dans votre dos ou hors de portée de votre avion.

J’en prend pleins les yeux

Si on excepte Hyper Street Fighter II : The Anniversary Edition sortit en 2004, Progear No Arashi fut le tout dernier jeu à sortir sur le vieux systeme CPS2 de Capcom, à l’époque âgé de 8 années, ce qui n’empêche pas le jeu d’être absolument magnifique. Le CPS2 du haut de son processeur à 12Mhz crache tout ce qu’il a dans ses tripes et nous fait tourner un jeu vraiment sublime. Survol d’une montagne puis d’une gigantesque citadelle lors du stage 1 avec au loin en second plan des cimes enneigées, grande base militaire dans un stage 3 à dominance rouge, ou encore survol d’énormes sculptures dans un stage 4 très rocailleux, même si graphiquement ce n’est pas très diversifié, pour du cps2 c’est vraiment de toute beauuté et on en prend plein les mirettes, la bouche grande ouverte, ébahie par le spectacle que nous offre ce jeu.
Bien sur, il y’a plusieurs types d’ennemis, des avions du début du siècle qui attaquent groupés, mais aussi des chars plus ou moins gros, des tourelles, d’énormes hélicoptères, des machines de guerres étranges…
Ce mélange de styles anciens et contemporains avec des citadelles en provenance directe du moyen age, des avions biplans et triplans d’avant 1920, des hélicoptères de combat de la fin du XXeme siecle, ou la cité suspendue dans le ciel tirée de l’anime « Laputa » dans le stage 4, tout cela donne un style graphique « hors du temps » très original à Progear.

Parlons un peu des boss qui ont eux aussi une sacré dose d’originalité. Comme dans n’importe quel shoot’em up qui se respecte, un énorme boss en général plutôt coriace vient finir le stage en beauté dans un feu d’artifice de boulettes. Les boss de Progear sont tous les 5 assez spéciaux, de drôles de carcasses métalliques visiblement inspirés par les machines de Leonard de Vinci comme ce boss du niveau 3, croisement improbable entre une locomotive ou un char, ou des boss représentant chacun un animal. Par exemple, le boss du niveau 4 est une énorme méduse mécanique à hélice avec en toile de fond un sublime couché de soleil, le boss du niveau 2 quant à lui est une superbe baleine de métal à anéantir au fond d’une grotte étrange.

J’entends quelque chose

Vous imaginez un pur shoot’em up avec des bruitages et une musique toute molassone ? Relaxez-vous, c’est loin d’être le cas ici, Capcom et Cave connaissent leur boulot on a droit à de la zik puissante et bien rythmée, avec des thèmes plutôt sympathiques qui collent bien au jeu mais sans grande originalité. Les bruitages sont eux aussi classiques, rien à signaler, si ce n’est les gueulantes du pilote et du co-pilote à chaque fois qu’ils ramassent un power up, qu’ils perdent une vie, ou qu’ils abattent un boss. Niquel, on en demande pas plus à ce niveau.

Boum boum boum !!!

Pas de surprise votre avion se contrôle au doigt et à l’oeil, une jouabilité aux petits oignons. Aussi, le masque de collision est très petit, ce qui permet de slalomer « aisément » entre les boulettes, il arrive d’ailleurs souvent qu’une boulette passe sur votre aileron ou une de vos ailes sans que vous perdiez une vie, le masque de collision se limitant au 10mm du devant de votre avion, pour exploser il faut donc qu’une boulette entre en contact en plein dans votre cockpit. Effet « pervers » de ce tout petit masque de collision, quand une énorme vague de missile arrive en plein sur le joueur, un newbie bougeant l’avion dans tout les sens peut arriver à s’en sortir sans perdre de vie tandis que le pro du shoot tentera de trouver une solution en slalomant intelligemment dans ce labyrinthe de bouboules bleues.
Tiens, d’ailleurs parlons en des boulettes, on trouve dans Progear le mix ultime de tout les motifs de tirs ennemis existant dans les shoot’em up: tirs circulaires, boules à déplacement très lent, ou à changement de vitesse (très rapide puis très lent), boulettes à tiroir, aimantées, à effet d’ascenseur, dessinant des cercles ou des ellipses… c’est un vrai spectacle pyrotechnique auquel on assiste et dans lequel il faut slalomer un maximum, et je dois dire qu’on prend un pied absolu à diriger son vaisseau dans tout cet amas coloré en essayant de trouver la solution pour tenter de survivre.

La difficulté est bien sur progressive, mais le jeu est jouable jusqu’au stage 4 (comprendre: « un joueur peut à terme arriver au stage 4 sans perdre une vie »). Bien sur lors des 2 derniers stages ça se complique mais néanmoins on est très loin du niveau de difficulté hallucinant d’un Dodonpachi Daioujou sur Playstation 2 ou des derniers niveaux d’un Dragon Blaze, et ça c’est plutôt un très bon point: le jeu est jouable pour un être humain jusqu’à la fin !
Contrairement à Pulstar ou Blazing Star, deux autres shoots horizontal bien loin du concept de Progear, à chaque fois que vous perdez une vie, vous pouvez tout de suite récupérer votre puissance de feu. EN effet des que vous mourrez vos power ups récoltés depuis votre dernière vie ré apparaissent. Mais avec persévérance je suis persuadé qu’il est possible de le one créditer.

Le systeme de points

Progear utilise un système de points plutôt compliqué et assez original appelé « Jeweling »; pour résumer rapidement, quand vos ennemis explosent, leurs tirs se transforment en « bijoux » (jewel) à récolter, donc pour avoir un max de bijoux il faut faire un carnage quand il y’a un max de boulettes à l’écran. Pour récolter ces bijoux, il faut relâcher le bouton A puis re-appuyer dessus de façon prolongée pour que votre avion absorbent tout les bijoux et les « aimantant », technique qui marche ou non en fonction de la manière dont vous avez tué votre ennemi (par le module ou par l’avion). Il existe différents types de bijoux ayant plus ou moins de valeurs apparemment suivant la taille de l’ennemi. Les bijoux attrapés ont comptabilisé en bas à gauche de votre écran.
Ce système de point est assez confus, j’avoue n’avoir pas encore compris toute les subtilités mais il paraîtrait qu’en le maîtrisant parfaitement, faire du score avec Progear serait un vrai régal.

Conclusion

Avec Progear ne vous attendez pas à un nouveau Gradius ou à un Pulstar like, Progear est certes beau, Progear est jouissif mais Progear est avant tout un shoot TRES bourrin comme tous les jeux Cave, c’est LE manic shoot survolté par excellence. A moins que vous soyez allergique aux jeux Cave, foncez !


Wovou
Testé sur borne d’arcade
Dédicace à Kensou