Les jeux de combats Capcom sous licence Marvel

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VSLa genèse de la sĂ©rie qui nous intĂ©resse ici commence en l’an de grâce 1994 avec X-Men : Children of The Atom et s’achève en 2000 avec le grandiloquent Marvel VS Capcom 2. Nous allons tenter de retracer 6 ans d’existence de l’une des sĂ©ries de baston 2D les plus populaire de Capcom. En dĂ©pit de qualitĂ©s Ă©videntes, ces jeux sont aujourd’hui relativement dĂ©laissĂ©s par les joueurs Ă  l’inverse d’autres grands cross over dont certains Ă©pisodes sont encore des standards de nos jours. Ce tour d’horizon sera accompagnĂ© de rĂ©sumĂ©s pour chacun des jeux qui mettront en avant leurs spĂ©cificitĂ©s et les innovations majeures qu’ils ont apportĂ©s au monde de la baston 2D.

captain

punisher

L’histoire de la licence Marvel dans les jeux-vidĂ©o est assez chaotique. Elle est passĂ©e dans les mains de nombreux dĂ©veloppeurs et Ă©diteurs avant d’atterrir dans celles de Capcom. Le premier jeu Capcom utilisant un personnage tirĂ© de l’univers de la Marvel est The Punisher sur la carte d’arcade CPS1 (1993) qui jouit d’une excellente rĂ©putation parmi les amateurs de beat’em up. Avant cela, la licence avait dĂ©jĂ  eu droit Ă  une tripotĂ©e d’adaptations sous forme de beat’em all (Maximum Carnage, Captain America and The Avengers…) ou sous forme de jeu de plateforme-action (Spiderman, X-men) principalement.
Vers la fin des annĂ©es 90, en particulier au moment de la sortie au cinĂ©ma des films X-men et Spiderman, la licence semble s’ĂŞtre scindĂ©e en deux : d’un cĂ´tĂ© on retrouve les adaptations Capcom du comics original (sous forme de jeux de combat 2D très colorĂ©s), et de l’autre on retrouve les adaptations des films sus-citĂ©s (en 3D). La sĂ©rie des Marvel VS de Capcom est extrĂŞmement intĂ©ressante dans le sens ou elle illustre bien le changement des goĂ»ts du public des jeux-vidĂ©o dans la deuxième moitiĂ© des annĂ©es 90. Au fil des annĂ©es on a vu la popularitĂ© de cette sĂ©rie cĂ©der du terrain face Ă  d’autres adaptations en 3D jugĂ©es plus rĂ©alistes par ce nouveau public.

groupAinsi on la verra passer du statut de paradigme du jeu vidĂ©o, au statut de sĂ©rie mineure d’un genre devenu lui aussi mineur en l’espace de quelques annĂ©es seulement. Elle suivra en quelque sorte la mĂŞme dĂ©cadence que le genre auquel elle appartient. Après 2000 et le dernier Ă©pisode de la sĂ©rie de Capcom, les adaptations en jeux-vidĂ©o de cette glorieuse licence seront toutes en 3D (sauf sur GBA) et Ă  la gloire des versions cinĂ©ma. Notons une exception : X-men Legends, jeu d’action-exploration lorgnant du cĂ´tĂ© du beat’em all et qui reprend la charte graphique du comics et non celle du film. En ce qui concerne la polĂ©mique au sujet de la mort des sĂ©ries 2D, j’ai tendance Ă  penser que Capcom en est l’un des principaux responsables, Ă  cause principalement de sa politique de recyclage et de suites jusqu’Ă  ce que mort s’ensuive. Les joueurs se sont lassĂ©s des innovations au compte goutte, de la frĂ©quence des sorties, de la complexitĂ© d’un gameplay qui nĂ©cessite plusieurs heures d’apprentissage, et surtout du manque d’Ă©volution graphique entre les Ă©pisodes. Si aujourd’hui il y a si peu de sĂ©ries 2D encore en activitĂ© c’est en partie Ă  cause de Capcom et de la politique de sa branche arcade dans la fin des annĂ©es 90. Bien entendu, ce n’est que mon avis et il ne s’agit pas d’une vĂ©ritĂ© absolue.

Un autre point intĂ©ressant de cette sĂ©rie est qu’elle a Ă©tĂ© initiĂ©e par Noritaka Funamizu (alias Poo), considĂ©rĂ© comme le papa de Street Fighter 2 : il sera Game Planner sur X-Men Children of the Atom. Ce dĂ©veloppeur mythique voire mythologique au surnom scatophile (seuls les anglophones comprendront…) interviendra Ă  nouveau sur la sĂ©rie pour Marvel VS Street et Marvel VS Capcom en tant que producteur. Il est aussi crĂ©ditĂ© de nombreux jeux rĂ©cents, sortit sur PS2, comme Resident Evil Outbreak et Monster Hunter. RĂ©cemment il est revenu dans le monde de l’arcade et a donnĂ© naissance Ă  Super Dragon Ball Z, via son studio de dĂ©veloppement Craft and Meister..

Lançons-nous Ă  prĂ©sent dans la rĂ©trospective de la sĂ©rie. J’espère que chaque lecteur apprendra des choses nouvelles en lisant la partie qui suit


LE COMMENCEMENT
X-Men : Children Of The Atom — 1994

xmenchildrenflyer2En 1994 arrive le premier Ă©pisode de la sĂ©rie. Et Ă  l’Ă©poque force est de constater que c’est la grosse claque. Je dirais mĂŞme la claque intergalactique. Tout d’abord ce jeu tourne sur la toute rĂ©cente carte CPS2 qui dĂ©montre par la mĂŞme occasion toute l’Ă©tendue de sa puissance pour la 2D. A l’Ă©cran c’est l’explosion de couleur, les sprites sont Ă©normes et se payent le luxe d’ĂŞtre divinement animĂ©s. Bref c’est le perfect et les joueurs approuvent.
Pour les compositions musicales, on a du très bon Capcom : les musiques sont entraĂ®nantes et collent bien aux dĂ©cors associĂ©s. Les bruitages sont magnifiques et retranscrivent bien la puissance et la diversitĂ© des coups, les voix en anglais des combattants apportent une identification accrue pour les joueurs occidentaux. Quant aux dĂ©cors ils constituent l’une des plus grosse innovation de ce jeu : les niveaux destructibles. X-men a en effet introduit des dĂ©cors interactifs de toute beautĂ©. Dans le niveau de Colossus, on commence sur un pont qui se dĂ©tĂ©riore au fur et Ă  mesure que les adversaires tombent Ă  terre. Au bout d’un moment le pont cède et –patatras- on fait une chute de plusieurs centaines de mètres pour atterrir sur une pĂ©niche ou l’on continue le combat de plus belle. Cette trouvaille rendait le jeu ultra impressionnant a regarder et donnait surtout vraiment envie de s’essayer Ă  cette merveille de technologie. wX-Men__Children_Of_The_AtomC’Ă©tait complètement inĂ©dit Ă  l’Ă©poque et fut pour beaucoup dans le succès du jeu sur arcade, et sur Saturn l’annĂ©e suivante.
En restant dans le domaine de l’Ă©merveillement on peut noter les SpĂ©ciales de toute beautĂ©, exĂ©cutables avec un simple quart de tour avant + 3 boutons de poing. A l’Ă©cran, un immense X apparaĂ®t, l’animation s’arrĂŞte une fraction de seconde, et ensuite le personnage envoie la sauce. Certains personnages comme Cyclope et Wolverines possèdent 2 SpĂ©ciales.
Pour ce qui est du système de jeu il est dĂ©jĂ  très complet pour l’Ă©poque : super saut de trois ou quatre Ă©tages, Air combos, Tech. Hit, dash. Tout est lĂ , et tout sort xX-Men__Children_Of_The_Atomfacilement, c’est le gros point fort du jeu : on met une pièce, le jeu dĂ©marre et on commence Ă  faire des trucs de fous (parfois sans trop comprendre…).

Au chapitre des points noirs, on peut noter un trop faible nombre de personnages : 10 personnages + 2 boss (le flĂ©au et magnĂ©to), c’est cheap… Surtout vu ce qu’on trouve dans KoF94 sur la borne d’Ă  cĂ´té…On voit bien que l’objectif de Capcom Ă©tait clairement de crĂ©er un jeu très simple d’accès, et graphiquement superbe, dans lequel les dĂ©butants peuvent s’Ă©clater dĂ©s les premières parties. Ce fut pour Capcom une tentative d’attirer de nouveaux joueurs dans les salles d’arcade, des joueurs qui n’avaient1099017017 pas commencĂ© sur Street et qui demandaient plus, en termes de rĂ©alisation et de sensations que ce que pouvait apporter la veillissante sĂ©rie Street Fighter dont Super Street Fighter 2 Turbo venait de sortir la mĂŞme annĂ©e sur la mĂŞme carte ; le genre de nouveaux joueurs plus attirĂ©s par les resplendissants Tekken et Ridge Racer de l’Ă©poque… Echec ou rĂ©ussite de cette tentative, le constat n’est pas dĂ©finitif Ă  ce moment lĂ  : la baston 2D est encore très lucrative, et est LE genre majeur des jeux vidĂ©os en gĂ©nĂ©ral et de l’arcade en particulier. Et puis il n’y aurait pas eu autant de suites si l’Ă©pisode original n’avait pas Ă©tĂ© un succès.

NOTE : Akuma est disponible en personnage caché et préfigure déjà ce que pourrait donner le futur X-men VS Street.
NOTE 2 : Apparemment X-men serait le premier jeu à avoir utilisé la technique  » plusieurs sprites pour un même personnage « , pour créer Sentinel. Elle sera reprise ensuite par Gundam Battle Assault et The Rumble Fish 1 et 2.


LA SEQUELLE
Marvel Super Heroes — 1995

marvelsuperFidèle Ă  sa politique, Capcom nous pond la suite de X-men un an après, en 1995. L’effet de surprise est passĂ©, les joueurs sont habituĂ©s aux nouveautĂ©s de X-men et attendent donc cette suite avec attention. Cet opus, contrairement au premier, jouira d’un portage sur Playstation dans tous les pays, ce qui assurera sa rentabilitĂ©. Les 32 bits sont sorties au Japon et la guerre fait rage, personne n’Ă©tant dĂ©partagĂ©, Sega perd donc une exclusivitĂ© qui vaut son pesant de cacahuètes.
Une nouvelle fois la grille de sĂ©lection est rachitique (10 personnages + 2 boss), surtout pour la suite d’un jeu Ă  succès. NĂ©anmoins, l’avantage c’est qu’il nous offre une sĂ©lection entièrement renouvelĂ©e : seuls trois personnages ont survĂ©cu au dernier Ă©pisode (Worlverines, Magneto et Le FlĂ©au), tous les autres sont originaux et attention, on a droit Ă  du lourd. Spiderman, Captain America et Hulk sont disponibles et leurs coups sont retranscris Ă  merveille. On peut noter ici que Capcom s’est relativement mis en danger sur ce jeu puisqu’il a pris les joueurs Ă  contre-pied : Pratiquement tous les personnages du prĂ©cĂ©dent opus n’Ă©tant plus disponibles, les joueurs ont du rĂ©apprendre a jouer avec et contre de nouveaux venus, ce qui est une façon assez intelligente de renouveler l’intĂ©rĂŞt.
Autre originalité : le système de jeu évolue et est maintenant basé sur un ensemble de gemmes de pouvoir wMarvel_Super_Heroes(sortes de power-up) détenus pas les adversaires du mode arcade et qui décuplent vos possibilités. Il faut donc maintenant tenir compte de ces power-ups comme dans un shoot’em up. Chaque gemme de couleur possède un pouvoir : rouge=rapidité accrue, violet=mode armure, vert=reprise de vie, rose=puissance accrue, orange=effets secondaires sur les attaques, bleue=reprise de barre de fury.
Au niveau technique, il faut bien avouer qu’il n’y a pas grand-chose de nouveau par rapport Ă  X-men, si ce n’est l’animation de Hulk qui est de meilleure facture que celle du FlĂ©au (pour comparer deux sprites de la mĂŞme taille). Les 3 sprites rĂ©cupĂ©rĂ©s de X-men n’ont pas Ă©tĂ© refaits (MagnĂ©to et le FlĂ©au restent donc mal animĂ©s).marvelSH
Etant fan de la sĂ©rie Marvel VS, je trouve que ce volet est le moins attirant de tous : pas assez de personnages, pas de nouveautĂ© graphiqueet vraiment trop peu de diffĂ©rences avec l’opus prĂ©cĂ©dent, si ce n’est la nouvelle grille de sĂ©lection.

NOTE : Les boss de cet épisode sont Doctor Doom (Fatalis en français) et Thanos.
NOTE 2 : Anita (Darkstalkers) semble ĂŞtre disponible en tant que personnage cachĂ© dans cet opus, mais je n’ai pas trouvĂ© de photo pour prouver le code que j’ai trouvé… A vĂ©rifier.


L’ARRIVÉE DU TAG BATTLE
X-men VS Street Fighters – 1996

xmenvsstreetEn 1996, Capcom est un gros Ă©diteur, fier du succès de ses jeux d’arcade dans les annĂ©es passĂ©es, il peut se permettre de lancer de nouveaux concepts sur les 32 bits qui resplendissent partout dans le monde et en particulier sur la Playstation qui domine maintenant le marchĂ© mondial. C’est cette annĂ©e lĂ  que sort Resident Evil qui deviendra l’ambassadeur du nouveau genre dominant : le survival horror. A cette Ă©poque Capcom est toujours dynamique en arcade et nous sort un beau X-men VS Street Fighters, introduisant le système de jeu par Ă©quipe que nous connaissons tous.
Le principe est ici de faire s’affronter des personnages cĂ©lèbres de Street Fighters Alpha et de X-men. Pour cela les combattants de rues sont boostĂ©s aux hormones et Ă  l’EPO puisqu’ils sont maintenant capables des mĂŞme acrobaties que leurs collègues mutant (comme quoi quand on traĂ®ne dans la rue, ou au bas des immeubles, on peut faire des rencontres… OK cette blague est pourrie). Leurs techniques spĂ©ciales elles aussi ont suivi une cure de vitamines pendant l’hiver : les boules sont dĂ©mesurĂ©es et les flammes de Ken feraient peur Ă  un pompier du Var. Sur CPS2, contrairement Ă  la version Playstation sortie par la suite, on peut Ă©changer Ă  volontĂ© son combattant lors du match, ce qui donne des parties endiablĂ©es ou tout est possible et ou les retournements de situation sont frĂ©quents. On peut aussi effectuer des SpĂ©ciales Ă  deux avec des manipulations très faciles.xmenvs1
La charte visuelle de la sĂ©rie est ici respectĂ©e : c’est colorĂ©, Ă  la limite du flashy, l’animation est fluide (un petit miracle pour l’Ă©poque vu qu’il pouvait y avoir jusqu’Ă  4 sprites dĂ©taillĂ©s Ă  l’Ă©cran). L’ambiance sonore est excellente avec les voix anglaises des X-men et les voix japonaises des Street Fighter, accompagnĂ©s par les bruitages dynamiques caractĂ©ristiques de chez Capcom. Le principal dĂ©faut des prĂ©cĂ©dents opus n’a pas complètement disparu, puisqu’on a droit Ă  16 personnages ce qui est tout juste respectable Ă  l’Ă©poque. Il y a dans cet Ă©pisode 3 nouveaux sprites tout beaux tout chauds : Gambit, Rogue alias Malicia et Sabretooth alias Dents de Sabre. Le joueur peut sĂ©lectionner son Ă©quipe sans contrainte, en revanche les xmenvs3Ă©quipes adverses sont indissociables. Elles sont composĂ©es comme suit : Cyclope+Ryu, Zangief+Le FlĂ©au, Tornade+Charli, Dhalsim+Sabretooth, Rogue+Chun-li, Bison+Magneto, Gambit+Ken et Wolverines+Cammy. Akuma est Ă  nouveau un personnages cachĂ© et Apocalypse est promu boss de l’extrĂŞme. Après avoir battu Apocalypse, le combattant de rĂ©serve de votre Ă©quipe devient votre adversaire lors du combat final qui sera donc un duel. Une façon originale de terminer un mode arcade.
Cet Ă©pisode ne sortira pas sur Saturn en France, ce qui signale dĂ©jĂ  Ă  cette Ă©poque que le marchĂ© de l’arcade (et de la Saturn) commence Ă  dĂ©pĂ©rir en France. La Saturn n’ayant pas trouvĂ© sa place hors du Japon, et X-men VS Street nĂ©cessitant une cartouche de RAMxmenvs2 en plus du CD pour tourner, la localisation ne se fera pas et les amateurs de bonne baston se tourneront une fois de plus vers l’import. Sur Playstation, la conversion peut presque ĂŞtre qualifiĂ©e de massacre : les animations sont bien infĂ©rieures Ă  la version CPS2 et le Tag battle disparaĂ®t purement et simplement !!! On peut juste appeler son Ă©quipier en tant que striker pour filer un coup de pouce ponctuel ou dĂ©clencher les SpĂ©ciales Ă  deux. De plus le 50 Hz et les loading n’arrangent rien.
Avec le recul, cet Ă©pisode n’apparaĂ®t pas comme le meilleur de la sĂ©rie, mais plutĂ´t comme un prĂ©curseur, comme le fut Children of The Atom en son temps. Il pose les bases du système de jeu qui sera repris pour les Ă©pisodes suivants et constitue une vitrine technologique pour Capcom et son CPS2 qui envoient littĂ©ralement balader SNK et son MVS sur Mars au niveau technique.


ILLUSTRATION DU RECYCLAGE A LA CAPCOM
Marvel Super Heroes VS Street Fighters – 1997

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Tout juste un an après X-men VS Street arrive Marvel VS Street. La rĂ©utilisation semble ici avoir atteint sont paroxysme et Ă  l’Ă©poque on pense bien que la boucle est bouclĂ©e avec cet opus. Oulaaaahhh, on se trompait !!! Les nouveautĂ©s sont assez peu nombreuses ici. Techniquement, c’est Ă  peu prĂ©s identique Ă  l’Ă©pisode prĂ©cĂ©dent, mais on dispose maintenant de beaucoup plus de personnages Ă  sĂ©lectionner. En effet, 18 personnages + 2 Boss, ça commence Ă  ĂŞtre satisfaisant, d’autant qu’il y a pas mal de personnages cachĂ©s. Les dĂ©cors sont dans l’ensemble assez dĂ©cevant : il ne s’agit pour la plupart que de retouches des dĂ©cors du prĂ©cĂ©dent Ă©pisode, c’est vraiment dommage de voir un tel degrĂ© de fainĂ©antise. De mĂŞme, aucun nouveau sprite ne fait son apparition…
Les personnages cachĂ©s ne sont que des clones des personnages dĂ©jĂ  prĂ©sents, disposant de nouveaux coups ou de capacitĂ©s propres. Avec quelques bon vieux codes on peut donc sĂ©lectionner Evil Sakura, Evil Zangief, Armored Spiderman, Mephisto, US Agent, Shadow Charlie, Gambit, et Norimaru (sur les versions japonaises du jeu seulement). Ce dernier personnage est LE seul sprite nouveau du jeu et n’est disponible que sur les versions japonaises CPS2. Il s’agit d’un Salary Man typiquement japonais, comprenez par-lĂ  un employĂ© de bureau standard, basĂ© sur un manga japonais cĂ©lèbre Ă  cette Ă©poque. C’est apparemment pour des raisons de culture diffĂ©rente qu’il ne sera pas disponible en dehors du Japon… Dommage.
Apocalypse reprend du service comme premier boss et Cyber Akuma devient le deuxième boss. Les capacitĂ©s et les SpĂ©ciales de Cyber Akuma sont hallucinants, nĂ©anmoins il n’est pas insurmontable, tout comme Apocalypse que l’on peut bouriner Ă  loisir. L’un des gros dĂ©fauts du jeu est qu’il propose beaucoup trop de clones : Ryu, Ken, Akuma, Dan, Sakura… Ca fait beaucoup de karatĂ©kas Ă  mon goĂ»t !! Ryu et Ken auraient suffit amplement et les places libĂ©rĂ©es auraient pu abriter de nouvelles tĂŞte (ou disons des tĂŞte plus originales).
Cette version n’est intĂ©ressante qu’Ă  condition de ne pas possĂ©der la prĂ©cĂ©dente. Il fait vraiment figure de mise Ă  jour plus que de jeu original. Les nouveautĂ©s sont trop pauvres pour motiver son achat. En revanche, si vous cherchez un Ă©pisode complet avec de nombreux personnages, c’est celui-ci qu’il vous faut (sauf si vous n’aimez pas Ryu et Ken, parce que vous allez en bouffer…). Cet opus a Ă©tĂ© converti sur Playstation, mais une nouvelle fois, c’est un massacre abominable : animation infĂ©rieure et tag battle indisponible vous feront vous abstenir…

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LA RECONQUETE
Marvel VS Capcom – 1998

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Après une cuvĂ©e 1997 anĂ©mique en nouveautĂ©s et en surprises, l’Ă©pisode 1998 se devait de sortir du lot. D’autant que le contexte n’est pas très favorable. En effet, en 1998 en arcade c’est Beat Mania, et DDR qui cartonnent. Les jeux de caisses avec leurs superbes bornes dĂ©diĂ©es sont de plus en plus beaux, notamment sur la model3 (Scud Race) et la toute dernière Naomi Les temps ont changĂ© : mĂŞme les joueurs d’arcade rĂ©clament des polygones et commencent Ă  cracher sur les pixels. Pourtant l’annĂ©e 1998 sera un très grand cru de la baston 2D avec des hits du calibre de Street Fighter Alpha3 et KoF 98. Autant vous dire que cette annĂ©e lĂ  il y avait du niveau !!
C’est dans ce contexte que dĂ©boule Marvel VS Capcom. Et cette fois-ci Capcom s’est surpassĂ© : il n’y a qu’un quinzaine de personnages disponibles mais la plupart sont tout nouveaux tout beaux. On voit ainsi arriver War Machine, Venom (ahhhhh ce stance de malade), Jin, Megaman, Morrigan, Strider Hiryu et Captain Commando. Jin, Strider et Captain Commando ont mĂŞme retrouvĂ© une seconde jeunesse grâce Ă  leur participation. Bref, pour le casting, c’est du lourd. Pour la rĂ©alisation technique, la CPS2 sort ses tripes et s’en sort encore plutĂ´t bien. A l’Ă©cran ça flashe tellement qu’on se croirait dans Smash Bross Melee en 2D. Cet Ă©pisode voit arriver l’utilisation des strikers qui viennent vous rendre de menus services lors des rounds. Tout est super nerveux, voire bourrin. D’ailleurs ça a toujours Ă©tĂ© le principal reprochemarvelvscap1 de cette sĂ©rie Ă  partir de X-men VS Street : l’absence complète de temps mort et la tendance des joueurs Ă  faire du pressing en permanence ont donnĂ© Ă  cette sĂ©rie une rĂ©putation de jeux bourrins, Ă  rĂ©server aux dĂ©butants. Et il faut bien reconnaĂ®tre que ce n’est pas faux… Mais alors qu’est-ce que c’est bon!
Au niveau de l’enrobage, c’est assez inĂ©gal : certaines musiques sont gĂ©niales, d’autres anodines, les dĂ©cors sont beaux dans l’ensemble mais certains sont trop peux animĂ©s. De ce point de vue lĂ  l’Ă©pisode original, X-men : Children Of The Atom est bien supĂ©rieur avec ses dĂ©cors destructibles et ses musiques entraĂ®nantes.
La conversion Dreamcast est excellente, avec son mode Cross fever permettant de jouer Ă  4 par Ă©quipes de deux. Bonjours les cris, les rires, et les bleus sur les Ă©paules (si si j’en connais qui tapent pendant les matchs pour reprendre le dessus…….. hĂ© arrĂŞtez de me regarder comme ça, je n’ai pas dis que je le faisais…….. Bon OK j’avoue ça m’est arrivĂ© une fois ou deux…). Cette conversion vaut vraiment le coup, d’autant plus qu’elle est sortie en Europe sur consoles et est donc accessible au plus grand nombre. Fouillez au bas des Ă©tagères de votre boutique prĂ©fĂ©rĂ©e et vous trouverez peut-ĂŞtre cette perle. C’est LA version qu’il vous faut pour dĂ©couvrir cette sĂ©rie si vous ne l’avez pas dĂ©jĂ  fait : la rĂ©alisation n’a pas du tout vieilli, le jeu coĂ»te une bouchĂ©e de pain en occasion. Une conversion Playstation est aussi arrivĂ©e un peu après, mais elle fut encore plus confidentielle que celle des deux prĂ©cĂ©dents Ă©pisodes, le public de la playstation n’Ă©tant plus du tout rĂ©ceptif Ă  la  » deudi » et prĂ©fĂ©rant la  » troidi  » pourtant dĂ©gueulasse de l’Ă©poque. PĂ©riode de merde.

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LE CHANT DU SIGNE
Marvel VS Capcom 2 — 2000

marvelvscapcom2Le bug de l’an 2000 ayant Ă©pargnĂ© Capcom et les salles d’arcade, on a droit cette annĂ©e lĂ  au dernier Ă©pisode en date du cĂ©lèbre mais nĂ©anmoins mĂ©sestimĂ© cross over Marvel VS. Une fois n’est pas coutume, il aura fallu environ 2 ans entre cet Ă©pisode et le prĂ©cĂ©dent, et les nouveautĂ©s sont lĂ .
Niveau rĂ©alisation technique, c’est maintenant sur Naomi que le soft tourne, et ça se voit au premier coup d’Ĺ“il : effets de lumière, dĂ©cors 3D, vitesse d’animation. Fichtre que c’est beau ! El enfoiro, comme c’est rapide ! En revanche cotĂ© ambiance c’est la catastrophe, les musiques Jazzy Ă©tant vraiment Ă  vomir (attention ceci est mon avis personnel). Un tel choix artistique est vraiment incongru pour un jeu d’arcade, surtout venant de Capcom dont les compositions ont toujours Ă©tĂ© correctes. Ca a le mĂ©rite de dĂ©payser et d’ĂŞtre original… Les dĂ©cors sont très fins et pour la plupart très beaux, rien Ă  redire de ce point de vue. Personnellement je les trouve très vides, il n’y a pas âme qui vive au bord des stages, on est loin de KoF ou CVS. Un peu dommage, mais ce n’est pas un gros dĂ©faut.
Le système de combat lui aussi a Ă©voluĂ©. On ne joue plus par Ă©quipes de 2 mais par Ă©quipes de 3, les deux membres de rĂ©serve pouvant ĂŞtre utilisĂ©s comme strikers. Lors de la sĂ©lection de l’Ă©quipe, après avoir choisi un personnage, on doit choisir le type d’aide qu’il vous apporteramarv222 en tant que strikers. Certains font des apparitions assez classiques, mais d’autres ont des propriĂ©tĂ©s très intĂ©ressantes. Jill par exemple peut vous rendre un peu de vie avec une herbe verte en provenance de Racoon City, d’autres peuvent choper les adversaires, et d’autres encore vous servent de boucliers vivants. Notez que lorsqu’un personnage est appelĂ© comme striker, s’il se fait toucher par les attaques adverses, sa vie descendra Ă  la mĂŞme vitesse que s’il Ă©tait dirigĂ© par le joueur. Une arme Ă  double tranchant donc.
Il est possible de dĂ©bloquer les modes extra des personnages pour disposer de coups et de couleurs diffĂ©rents, grâce Ă  des points que l’on cumule en VS ou lorsque l’on fini le mode arcade.marv2a Au Japon les versions Naomi et Dreamcast Ă©taient complĂ©mentaires. Il fallait obligatoirement jouer aux deux pour pouvoir dĂ©bloquer tous les personnages, certains Ă©tant exclusif Ă  l’arcade, d’autres Ă  la Dream. Une façon assez intelligente mais artificielle de remplir les salles d’arcade.
Dans cet opus on est gâtĂ© cĂ´tĂ© choix de combattants avec plusieurs dizaines de gars en collant ou en kimono qui vous attendent pour mettre des pâtĂ©es Ă  vos amis ou Ă  l’ordi. On note l’apparition de nombreux nouveaux personnages comme Cable, Marrow, Amingo (un cactus très intĂ©ressant a jouer), Ruby Heart (une pirate ressemblant Ă  Lady Oscar), Servbot (Megaman Legends), Sonson (Son Son), marv2222Tron Bonne (Megaman Legends) et la dernière mais non des moindres : Jill (Resident Evil). Cet Ă©pisode fait figure de Dream Match que tout le monde attendait, et il remplit très bien sont rĂ´le. TOUS les personnages de la sĂ©rie sont prĂ©sents et de nouveaux personnages assez jouissifs apparaissent, bref, ce jeu est bon. Personnellement je trouve qu’il n’a pas le charme de Marvel VS Capcom, mais c’est parce que j’ai une histoire particulière avec cet Ă©pisode prĂ©cis…
Sur Dreamcast Pal, le jeu contient tous les personnages dĂ©blocages, pas besoin d’aller Ă  la salle d’arcade (et de toute façon dĂ©jĂ  Ă  cette Ă©poque il fallait avoir le goĂ»t du voyage et des Ă©conomies pour trouver une salle d’arcade). Plus tard, des versions PS2 et Xbox marv22sortiront mais en exemplaires assez limitĂ©s. Le succès de ces conversions sera tout relatif vu qu’en face il y a les adaptations en 3D des aventures cinĂ©matographiques Spiderman et X-men. Le public les prĂ©fĂ©rera au jeu de Capcom qui passe pour has been avec sa 2D made in Super Nintendo. En attendant, ces jeux 3D mĂ©diocres garnissent le bas des Ă©tagères des super marchĂ©s et des Micromania alors que les versions Capcom sont introuvables (sauf aux bonnes adresses). Ce n’est certes pas un gage de succès ou mĂŞme de qualitĂ©, mais ça prouve que la revente de ce jeu a Ă©tĂ© très faible, ce qui veut dire qu’il a satisfait ses acheteurs. Et c’est bien lĂ  ce que l’on veut d’un jeu.


L’AVENIR

A l’heure actuelle, Capcom ne semble plus possĂ©der la licence Marvel. Vu le tas de films Ă  super hĂ©ros Marvel qui sortent depuis quelques annĂ©es (environ 2 par an) et tout le marchandising Ă  cĂ´tĂ©, la licence doit se nĂ©gocier Ă  prix d’or. De toute façon, Capcom semble avoir dĂ©finitivement retirĂ© ses billes de l’arcade. J’aimerais simplement qu’ils nous gratifient d’une petite compil’ de la trempe de Street Fighter Alpha Anthology, pour que tout le monde puisse redĂ©couvrir cette grande sĂ©rie d’arcade des annĂ©es 90. Rien que de penser Ă  ce que pourrait donner une version arcade perfect de X-men : Children Of The Atom sur PS2, je bave sur mon clavier. En attendant que mon rĂŞve se rĂ©alise (et que la bave s’Ă©vapore de mon clavier), je retourne me faire une bonne petite partie de Marvel VS Capcom sur ma vieille Dreamcast !!! Et je vous invite Ă  en faire autant.

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Rédacteur: le_prog
Mise en page: Wovou