emilealpi a écrit : ↑08 janv. 2026, 15:56
Sulf' a écrit : ↑08 janv. 2026, 14:03
Non pas d'inquiètude pour moi.
Je fais un grand reset dans ma vie et c'est génial.
Vu qu'on a tous plus ou moins le même age tu veux pas nous en parler un peu ?
Alors....
Je ne sais pas si c’est vraiment une bonne idée de livrer tout ça ici, mais si mon expérience peut aider ne serait-ce qu’une personne à avoir un déclic avant de toucher le fond, alors allons-y
Mon histoire, c’est celle du chemin classique de tout un chacun et notamment des quadras.
Il y a 20 ans, je me suis mis en couple, j’ai bossé dur, on a eu deux enfants, la maison, la piscine. Bref, la panoplie complète de la famille parfaite. Mais avec le temps, le décor s’effrite.
Tu te cognes les mêmes repas avec les mêmes amis, les mêmes événements familiaux, et tes échanges de couple ne tournent plus qu’autour de la logistique des enfants.
Professionnellement, c’est l’engrenage.
Tu passes ta vie dans les trains, les avions, les hôtels. Tu enchaînes les soirées clients, tu es vidé, mais tu continues.
Ta vie se résume à planifier les vacances : l’été, puis l’hiver, puis le ski, puis Pâques... et la boucle recommence. Pendant ce temps, tu t'épuises pour un patron qui, in fine, ne te voit que comme un outil de production.
Le lien avec ma compagne (devenue ma femme) s'est peu à peu limité aux enfants et aux vacances. Plus de projets communs, plus de passions partagées.
Je m’échappais dans le boulot, les repas d’affaires et la fête, pour ne pas voir que tout devenait trop lourd. J'étais dans un tunnel, fatigué, mais je fonçais tête baissée.
Le déclic a eu lieu lors d'une soirée à Saint-Tropez. Une amie d'un partenaire, psychopraticienne, m'a pris à part. Elle m'a dit calmement : Tu es en pleine dépression.
On a passé la nuit à discuter et j’ai réalisé une chose brutale : si je continuais comme ça, j’allais crever, et rapidement.
En rentrant, j'ai annoncé à ma femme que j'avais besoin d'un break, que ma santé mentale en dépendait.
Elle n'a pas compris l'urgence, alors je suis allé au bout de ma logique : je l'ai quittée. Première grande respiration. Un poids énorme venait de s'envoler.
Restait le boulot. En comité de direction, je ne supportais plus mon patron. Depuis mon arrivée, on est passés de 45M€ à 108M€ de CA.
Un investisseur est entré, il est devenu multimillionnaire, mais il nous a complètement lésés sur nos actions.
Pour lui, cette réussite est la sienne et nous ne sommes que des faire-valoir. Il est devenu totalement hors-sol.
Pour éviter que ça ne finisse mal, j’ai utilisé mon intelligence émotionnelle (et ce que je savais des coulisses de l’entreprise) pour négocier une transaction de départ.
Second poids qui disparaît instantanément.
Aujourd'hui, je gère de front mon divorce, la garde alternée, la séparation des biens et la perte de mon job. Mais bordel, je me sens enfin léger.
La vie est beaucoup trop courte pour se sacrifier en permanence pour une simple illusion.
Si vous vous reconnaissez dans ce récit (et tunnel de vie), n'attendez pas qu'il soit trop tard pour respirer !
Voilà
